Élections provinciales 2012 - Autres analyses
La Gaspésie laissée pour compte par les libéraux
Par Mathieu Drouin Crête
Bachelier en science politique, analyste et commentateur politique
Le vote s’en vient, tout le monde le sait, mais est-ce que le monde sait que la question environnementale est pratiquement sortie du débat politique? Les candidats y vont d’une déclaration ici et là, mais concrètement rien n’a vraiment été promis pour nous rassurer. Mais si l’on y va par parti et que l’on analyse un peu ce que les plates-formes proposent, rien de bien joyeux ne nous saute aux yeux. Il n’y a que Québec Solidaire qui tente d’inverser la tendance à l’hyper-développement. Mais voyons voir ce qu’ils ont à nous proposer.
Un Plan Sud pour le Québec méridional: un gage d'avenir !
Par Guy Garand
Directeur général du Conseil régional de l'environnement de Laval
Plus de 75 % de la population du Québec vit dans le Québec méridional (au sud du 47ème parallèle). Au cours des cinquante dernières années, l’aménagement du territoire et l’étalement urbain ont exercé de façon graduelle et irréversible une pression dans le sud du Québec méridional. Il en résulte un Québec méridional présentant un habitat bâti de faible densité, des distances à parcourir de plus en plus grandes entre les résidences et les lieux communs (travail, commerces, services), une demande sans cesse croissante en matière d’énergie, l’apparition de méga site d’enfouissement, un aménagement urbain privilégiant l’auto solo et des coûts économiques qui augmentent toujours. Cette pression s’est faite et continue de se faire au détriment de l’environnement, la santé, les écosystèmes, la biodiversité, l’agriculture et l’économie.
L’environnement : la protection est acquise et la mise en valeur des ressources environnementales est prioritaire
Par Harvey L. Mead
Premier Commissaire au développement durable du Québec 2007-2008 et auteur de L’indice de progrès véritable : Quand l’économie dépasse l’écologie (MultiMondes, 2011)
L’événement du 22 avril dernier – plus de 200,000 personnes dans la rue pour « célébrer » le 43e Jour de la Terre – méritait un suivi, une sorte de mise en œuvre. Finies les plaidoyers devenus récurrents et prévisibles du mouvement environnemental, entre un assemblage de groupes qui ciblent, finalement, même si c’est vaguement, un nouveau modèle de société, un nouveau modèle économique. Le printemps érable y était, tout comme les syndicats et une multitude d’individus ayant regardé passer les demandes environnementales pendant des décennies.
Quelle place prennent les enjeux environnementaux au Saguenay Lac St-Jean dans la présente élection?
Par Monique Laberge
Présidente du CREDD Saguenay Lac St-Jean
Le thème de l’environnement est un thème malheureusement souvent perçu comme accessoire dans les débats électoraux. Pourtant, c'est un enjeu transversal qui prend racine dans l’éducation et qui conditionne l’économie et la santé.
Élections 2012 : Le bulletin de vote qui cache la forêt
Par Nicolas Mainville
Directeur de Greenpeace au Québec
Alors que les partis conventionnels parlent à peine du bout des lèvres d’environnement et que les débats des chefs évitent littéralement cet enjeu central, les Québécois semblent plus que jamais en faveur d’un nouveau modèle de gestion de nos ressources naturelles qui respecte le bien commun et encourage la protection de l’environnement. Dans un sondage Léger Marketing réalisé pour l’AQLPA et Greenpeace et publié jeudi dernier, la très grande majorité des Québécois et Québécoises demandent à ce que les partis politiques s’engagent à protéger les écosystèmes du Nord AVANT toute accélération de l’exploitation des ressources forestières, minières et énergétiques du nord du Québec.
Voter pour quoi ?
Par Sylvie Woods
Écologiste et ex candidate pour le Parti vert du Québec
Cette élection ne nous donne-t-elle pas surtout à contempler le déclin de nos institutions politiques, à travers les nombreux tours de piste médiatiques de nos chefs politiques ? Avec leurs slogans qui étaient bien assortis à René Lévesque et Jean Lesage, mais qui paraissent aujourd’hui appartenir à une époque révolue, les candidats expriment tous la même absence de projet collectif de la société québécoise actuelle.
De la fièvre pétrolière à l’indépendance au pétrole : le Québec à la croisée des chemins
Par Karel Mayrand
Directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki
Le Québec importe annuellement pour 14 milliards de dollars de pétrole en provenance du Venezuela, de l’Algérie et de la Norvège, ce qui creuse notre déficit commercial. Deux idées se chevauchent depuis quelques années au Québec pour réduire cette dépendance au pétrole importé. La première est de combler notre demande intérieure en exploitant les ressources pétrolières enfouies dans le sous-sol de la Gaspésie, d’Anticosti ou du golfe Saint-Laurent. La seconde veut que le Québec cherche plutôt à diminuer sa dépendance au pétrole en s’attaquant au secteur des transports et à l’étalement urbain.
Échec et mat ? La fin du mouvement environnemental selon Jeff Rubin
Par Harvey L. Mead
Premier Commissaire au développement durable du Québec 2007-2008 et auteur de L’indice de progrès véritable : Quand l’économie dépasse l’écologie (MultiMondes, 2011)
Dans une récente chronique, Louis-Gilles Francoeur se dit « bouleversé » par le constat de David Suzuki à l’effet que « l’environnementalisme a échoué ». Depuis des années, la multiplication des crises semble rendre néanmoins manifeste ce constat, selon une approche de gestion par les résultats. On peut penser, par exemple, aux échecs des conférences de Copenhague, en 2009, et de Durban, en 2011 face au rapport dramatique du GIEC de 2007 sur les perspectives du réchauffement planétaire. Jeff Rubin, ancien économiste en chef de la banque CIBC World Markets, vient de mettre tout cela sous un autre éclairage, dans son récent livre The End of Growth.
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