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Dossier spécial

Le covoiturage a-t-il de l’avenir au Québec ?

Numéro 10, lundi 25 mars 2013


Qu’il s’agisse de déplacements de courtes distances vers le travail ou l’école, de distances moyennes aux quatre coins du Québec ou encore de longs trajets en Amérique du Nord, l'usager québécois de covoiturage (utilisation conjointe et organisée d’un véhicule par un conducteur non professionnel et un ou plusieurs passagers) a aujourd’hui du choix. Allo StopAmigo Express, le Réseau de CovoiturageGéo TransitOn Roulel’Agence métropolitaine de transports (covoiturage AMT), Route4, ToutMontréalou Kijiji (annonces « covoiturage »), par exemple, tous proposent un service de jumelage entre conducteurs et passagers, et cela en ligne ou en personne. D’après le Baromètre 2012 de la consommation responsable au Québec [1], plus de 31,2 % des Québécois énoncent avoir partagé leur voiture avec d’autres personnes dans la dernière année ! Ce chiffre est non négligeable…

Les services de covoiturage promeuvent une approche durable dans l’optique de diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES). Mais surtout, il y a des avantages économiques évidents. Selon Francis Girard-Boudreault, coordonnateur aux communications et marketing au Réseau de covoiturage, « on peut faire des économies de 2800 $ environ par an grâce au covoiturage entre deux personnes ». Le Réseau de covoiturage a d’ailleurs mis à disposition sur son site Web un calculateur de frais et deCO2, de manière à aider à établir une contribution à percevoir en divisant les frais d’essence et/ou l’ensemble des frais relatifs à l’utilisation d’un véhicule.

Francis Girard-Boudreault, coordonnateur aux communications et marketing, Réseau de covoiturage

Toutefois, malgré une offre grandissante de services et des avantages autant financiers, que sociaux et économiques, le covoiturage tarde à séduire les citoyens, même si pour la première fois depuis près de 40 ans, les déplacements en auto enregistrent une baisse de 1 %, selon l’Enquête Origine-Destination 2008 [2]. L’une des problématiques majeures est que le taux d’occupation des voitures est relativement bas : en moyenne chaque voiture compte 1,23 occupant [3]. Pour Francis Girard-Boudreault « cela ne fait pas de sens de voir que le taux d’occupation des voitures est si faible quand on pense que tout le monde se plaint de la congestion routière ». Il s’agit pour lui essentiellement d’une question de culture « le conducteur québécois a toujours été habitué à son indépendance et à son confort en automobile ».

On en revient donc toujours à la même situation lorsqu’on parle de consommation et de comportements éco-responsables, tout est question de changement de comportements. Gouvernement, associations, médias et experts scientifiques doivent apporter les arguments de sensibilisation à la problématique environnementale du transport routier et offrir des alternatives crédibles, nombreuses et faciles à utiliser.

 

Premier argument de sensibilisation : les dommages environnementaux du transport routier

En 2009, le transport (routier, ferroviaire, maritime, aérien, hors route) était le secteur qui produisait le plus de gaz à effet de serre au Québec. Parmi les modes de transport, le transport routier est responsable à lui seul de plus de 76,1 % des émissions.

En outre, le transport constitue 33,1 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre dans la province. Les automobiles, elles, représentent 41 % de l’impact du secteur (camions légers : 28,4 %; véhicules lourds : 30,03 %; autres : 04 %). Il faut noter qu’une voiture produit en moyenne entre trois et six tonnes de gaz à effet de serre par an [4]. Ces gaz sont en grande partie responsables des épisodes de plus en plus nombreux de smog, notamment dans la région de Montréal.

Pour évaluer ses émissions personnelles annuelles de gaz à effet de serre, l’Agence métropolitaine de transport présente sur son site Web un calculateur des frais de transport quotidien.

 

 

Calculateur des frais de transport quotidien

Agence métropolitaine de Montréal

 

Deuxièmement argument de sensibilisation : démontrer les avantages économiques, temporels et sociaux du covoiturage pour se rendre au travail

Un déplacement sur deux est effectué pour se rendre au travail. Selon Transports Québec [5], en 2016, il y aura une augmentation de deux millions de déplacements par jour dans l’agglomération de Montréal, soit environ une hausse de 25 % et au total plus de 10,2 millions de déplacements par jour ! En outre, les tendances indiquent un accroissement de l’utilisation de la voiture. D’après Statistiques Canada (2008), plus de 78,2 % des Québécois utilisent leur automobile pour se rendre à leur travail, et quasiment la totalité d’entre eux sont seuls dans leur véhicule. Ces statistiques démontrent les opportunités importantes de développement du covoiturage. Maintenant, il faut apporter les arguments fonctionnels qui permettraient de modifier les comportements des conducteurs individuels.

L’un des premiers arguments est celui de la réduction du temps perdu dans les embouteillages. Moins de véhicules à l’heure de pointe signifie moins de congestion routière! En plus, dans certaines régions, le covoiturage donne accès aux voies réservées, accélérant de ce fait le temps de transport du domicile au travail [6]. 

Ensuite, il y a bien entendu un argument économique puisque le covoiturage permet d’amoindrir les coûts de déplacements. Il faut savoir que selon Transport Québec (2009), le budget moyen annuel des ménages québécois pour la voiture est de 7542 $, ce qui représente plus de 13,2 % de leur budget total. Des économies notables peuvent être ainsi réalisées grâce au covoiturage. Le dossier spécial de Protégez-Vous sur le covoiturage évalue l’économie à 3120 $ par an pour un conducteur réalisant un trajet quotidien aller-retour de 30km avec deux passagers (cas spécifique de GéoTransit avec une rémunération par passager de 20 cents du kilomètre).

Enfin, le covoiturage, outre le fait de diminuer le stress et la fatigue liés à la conduite, s’avère une manière plaisante et agréable d’effectuer les trajets journaliers entre le domicile et le travail.

 

Troisième argument de sensibilisation : la facilité d’utilisation des services de covoiturage

L’utilisation des services de covoiturage s’avère relativement simple. Gratuits ou payants, les sites de jumelage de citoyens fonctionnent de la même façon : inscription, indication du trajet et horaire(s) du ou des déplacements. Que vous soyez conducteurs ou passagers, les différents sites permettent de sélectionner voire de changer en cas d’incompatibilités les usagers. Certains sites permettent même la notation du chauffeur sur plusieurs critères (ex. Amigo Express) et la personnalisation de son profil avec, par exemple, des photos personnelles et du véhicule.

 

La plupart des sites de jumelage permettent également d’utiliser leurs services via les médias sociaux et les différentes applications mobiles. Par exemple, l’organisme On Roule, grâce à la localisation GPS et à Facebook, jumelle les usagers ayant des amis et/ou des intérêts en commun. Pour Francis Girard-Boudreault, l’informatisation des plateformes vient « faciliter la recherche en termes de pertinences, donc trouver des gens qui ont un trajet similaire ».

Les points de rencontre entre conducteurs et passagers sont généralement proches des métros, gares, stations de bus ou points centraux. Francis Girard-Boudreault mentionne également les stationnements de type point de rencontre : « ce sont des stationnements incitatifs mis en place à des endroits stratégiques, par exemple à une jonction d’autoroute. C’est un terrain, un stationnement, où les gens vont pouvoir se rendre et tout simplement laisser leur véhicule. Donc trois personnes pourraient se rejoindre à ce stationnement et puis se rendre au travail ensemble. » Selon ce dernier, le conducteur n’a plus à craindre le mythe du porte-à-porte. Il s’agit d’identifier des points de rencontre qui ne constituent pas un détour ni pour le passager ni pour le conducteur.

Également, il faut relever que de nombreuses organisations proposent à leurs salariés des solutions de jumelage. D’autres s’associent avec des organisations déjà existantes, c’est le cas, par exemple, de l’Université de Sherbrooke et de l’Université Laval qui ont établi des ententes respectivement avec l’Agence métropolitaine de transport et le Réseau de Covoiturage.

Alors, partant pour le covoiturage ? Une chose est sûre, les organismes oeuvrant pour le covoiturage au Québec seraient heureux de voir les résultats de l’étude française « Les urbains et la consommation collaborative : perceptions & usages » [7] menée par Illigo en décembre 2012, qui met en avant que plus de 63 % des urbains se déclarent intéressés au covoiturage !

 


 

Les auteurs

Josiane Lévesque (candidate à la M.Sc marketing, ESG-UQÀM), assistante de recherche à l’Observatoire de la consommation responsable.

 
Fabien Durif(PhD, professeur à l’ESG-UQÀM), directeur de l’Observatoire de la consommation responsable.

 



[1] http://www.protegez-vous.ca/affaires-et-societe/barometre-2012-de-la-consommation-responsable.html

[2] http://www.enquete-od.qc.ca

[3] Ministère du Développement durable, de l’environnement et des Parcs, 2009, «Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre en 2009 et leur évolution depuis 1990», http://www.mddep.gouv.qc.ca/changements/ges/2009/inventaire1990-2009.pdf.

[4] http://www.faqdd.qc.ca/enjeux-strategiques/transports/

[5] http://www.mtq.gouv.qc.ca/portal/page/portal/ministere/ministere/plans_transport/montreal_plan_gestion_deplacements

[6] Protégez-Vous (août 2012), «Covoiturage», http://www.protegez-vous.ca/covoiturage.html.

[7] http://www.iligo.fr/wp-content/uploads/2013/01/les-urbains-et-la-consommation-collaborative.pdf


 
 

 

 

 
 

 

 

 
 
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