Parents et enfants participent en grand nombre à la manifestation anticapitaliste du 1er mai!

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Plus de 150 personnes, dont une soixantaine d’enfants, ont formé un Baby Bloc (contingent des enfants) au sein de la manifestation anticapitaliste du 1er mai organisée par la Convergence des luttes anticapitalistes de Montréal (CLAC-Montréal), laquelle a rassemblé plus de 1200 personnes. Le Baby Bloc a dû quitter la manifestation principale aux coins des rues Sherbrooke et Clarke suite à une intervention policière qui a provoqué une situation potentiellement dangereuse pour les enfants.

La Pointe libertaire avait organisé ce premier Baby Bloc officiel à Montréal afin d’encourager les personnes ayant des enfants à charge à réinvestir ce rendez-vous annuel, qu’elles ont déserté ces dernières années à cause d’une répression policière imprévisible et grandissante. « Nous étions équipés pour réagir rapidement » explique Anna Kruzynski, mère d’une enfant de 2 ans et membre de la Pointe libertaire. « Aussitôt que nous avons vu la fumée, senti le poivre de cayenne et constaté l’apparition de policiers antiémeute, notre contingent a changé de direction et a entamé un trajet alternatif, tel que prévu. L’équipe du Baby Bloc a su maîtriser la situation, et ce malgré la tension générée par la présence d’une cavalerie surexcitée et visiblement mal contrôlée».

On pouvait facilement repérer le contingent des enfants dont la couleur thème était le jaune. Les participant.es au Baby Bloc brandissaient pancartes et bannières qui portaient des messages exprimant leur désaccord et leur colère face à un système injuste et destructif. « Je ne suis pas un client en formation », « Je pousse comme de la mauvaise herbe » et « Le capitalisme n'a pas d'avenir. Moi oui », pouvait-on notamment lire sur les pancartes. Les ballons jaunes, le chariot – tiré par une bicyclette – transportant une toilette et un système de son ainsi que les collations et les jus distribués ont fait le bonheur des enfants.

« Aujourd’hui nous sommes ici pour montrer notre solidarité avec toutes les travailleuses et travailleurs du monde, pour construire une société libre, sans patron ni exploitation », a lancé Geneviève Lambert-Pilotte de la Pointe libertaire à la foule rassemblée à la Place Émilie-Gamelin. « Nous croyons que le travail libre basé sur l’autogestion est émancipateur et peut mener à une société nouvelle. Et l’autogestion, c’est tout le monde ! Incluant les familles !»

Le Baby Bloc a terminé son parcours sur un bout de gazon à l’ombre des nouvelles installations de la place des festivals. Les participant.es ont profité de ce moment pour se reposer en mangeant une collation. Les enfants qui s’étaient fait maquiller le visage pour l’occasion se sont joints joyeusement au spectacle de la fanfare anarchiste, l’Ensemble Chaotique Insurrectionnel, qui a suivi le Baby bloc.

« Nous sommes fières de ce que nous avons accompli aujourd’hui » dit Anna Kruzynski en terminant. « Nous avons refusé de nous laisser intimider par les forces policières. Nous nous sommes donné les conditions pour participer pleinement à cette manifestation et pour exprimer nos idées sur la place publique. Et nous continuerons à le faire».

« Chaque année les policiers traitent les parents qui amènent leurs enfants à cette manifestation d'inconscients et de mauvais parents », s'indigne Geneviève Lambert-Pilotte. « Pourtant la liberté d'expression est un droit fondamental dans les supposées 'démocraties' occidentales. Sauf que pour les forces policières, une manifestation anticapitaliste n'est pas légitime et, chaque fois, leur stratégie consiste à la briser. Nous avons montré que leur stratégie ne nous découragera pas.»

Le contingent des enfants est une initiative qui est là pour rester. La Pointe libertaire invite les anticapitalistes du Québec à renouveler l'expérience lorsque le besoin s'en fera sentir.

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