Les yeux de la planète rivés sur le Lac-Saint-Jean

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Le 3 octobre dernier, une trentaine de représentants d’Afrique et d’Amérique du Sud sont venus constater les résultats des projets de foresterie communautaire réalisés dans le nord du Lac-Saint-Jean. Le constat est unanime : le Lac-Saint-Jean est un exemple pour le reste de la planète.

« On voulait montrer des expériences qui fonctionnent sur le terrain et on est venu au Lac-Saint-Jean parce qu’on a un bel exemple de foresterie communautaire avec la Forêt modèle du Lac-Saint-Jean (FMLSJ) », a lancé Nacy Gélinas, professeur à la faculté de foresterie, géographie et géomatique à l’Université Laval et organisatrice de la journée. « C’est un regroupement d’acteurs qui ont des intérêts sur le même territoire et qui, ensemble, peuvent s’aider à créer de l’emploi et de développer les communautés sur le plan socioéconomique tout en changeant la vision vers l’aménagement forestier durable. »

La FMLSJ a profité de la visite des représentants de pays en voie de développement pour présenter ses projets sur les champignons forestiers, les forêts/bleuets et sur la remise en production de sites dégradés. Cet « Atelier international sur la foresterie communautaire en lien avec la démarche d’implantation de la REDD + » était organisé par l’institut Hydro-Québec en environnement, dans le cadre du Carrefour forêt innovation qui se tenait à Québec du 4 au 6 octobre 2011.

Mais qu’est-ce que la REDD ? REDD veut dire « Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts ». C’est un principe qui a été développé par les Nations Unies. Voici comment Nancy Gélinas décrit le programme : « L’objectif de REDD + est de favoriser le financement des pays développés vers les pays en voie de développement pour faciliter les changements de mentalités et d’attitude envers l’utilisation de la forêt, pour favoriser la conservation et la réduction des émissions de carbone, mais aussi réduire la pauvreté des pays en voie de développement. »

Les organisateurs souhaitent profiter de cet atelier pour créer un réseau d’échange afin d’améliorer le bien-être des communautés forestières. Entre autres, ils souhaitent diversifier l’utilisation des produits forestiers avec une approche multiressource et en valorisant les produits forestiers ligneux et non ligneux.

Marco Venicio, gestionnaire de la forêt dans la Forêt modèle Los Altos au Guatemala, a été grandement inspiré par sa visite. «  Le projet sur les champignons de la FMLSJ est particulièrement important pour nous. La récolte de champignons est une activité quotidienne au Guatemala, mais les gens ne s’en servent que pour la consommation familiale. Nous aimerions développer ce secteur pour créer de la richesse dans les communautés forestières. »

 

Crise forestière vs coopération internationale

Certaines personnes se demandent pourquoi on travaille sur des projets de foresterie internationale alors qu’on vit une crise forestière. Chimère Diaw, directeur général du Réseau Africain de Forêts Modèles (RAFM), croit que l’avenir de la planète passe par la coopération internationale. « Les questions qui se posent au Québec sont les mêmes que partout sur la planète. On cherche à  savoir comment faire pour conserver nos écosystèmes de façon dynamique et qui permet de créer de la richesse sociale, culturelle et économique. »

Le directeur de la FMLSJ, Serge Harvey abonde dans le même sens. « Le partage des connaissances est au cœur des forêts modèles. C’est une de nos trois grandes orientations. La planète est une. On vit des problématiques différentes selon les régions, mais la problématique du développement durable est universelle. Il faut partager. Il faut que nos expériences renforcent celle des autres et vice-versa. »

En plus des retombées intellectuelles, des retombées économiques peuvent émerger de ces partenariats alors que le Lac-Saint-Jean se positionne comme un acteur de premier plan avec le Bureau de Coopération forestière internationale (BCFI) basé à Mashteuiatsh. Le biologiste Guillaume Maziade est aujourd’hui le coordonnateur du « bébé » de la FMLSJ. « Le BCFI a pour objectif la collaboration entre la FMLSJ et d’autres forêts modèles dans le monde. Pour l’instant, nous travaillons principalement avec les deux forêts modèles camerounaises sur des projets de production d’escargots géants, de confection de stylo haut de gamme en bois et sur le développement écotouristique. »

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