Équiterre et SERA lancent une recherche en vue d’implanter un système de certification des agrégats au Québec

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La société SERA-Canada (Socially and Environmentally Responsible Aggregate) et Équiterre annoncent la mise en place d’une étude conjointe pour évaluer l’intérêt des parties prenantes au Québec envers la création d’un système de certification de classe mondiale pour l’industrie des agrégats. L’objectif de cette certification est d’adopter des normes élevées, mais réalistes.

SERA-Canada, organisme sans but lucratif créé en 2011 a pour mission de promouvoir l’exploitation et l’approvisionnement responsable des agrégats et d’autres matériaux de construction au Canada. SERA a d’abord concentré ses efforts en Ontario; elle y a réuni un éventail équilibré de parties prenantes afin de mettre au point un système de normes de certification volontaires pour assurer l’extraction responsable – d’un point de vue environnemental et social – des agrégats de la province.

« Les membres du conseil d’administration fondateur de SERA-CANADA sont très fiers de faire ce pas de plus pour créer un système de certification pancanadien, a déclaré Michael Fenn, président par intérim du conseil. Grâce à cette recherche, nous aurons une meilleure compréhension de la perception des différentes parties prenantes en ce qui concerne les défis de l’industrie des agrégats au Québec. Nous évaluerons aussi leur intérêt envers la création d’un mécanisme, fondé sur la réalité de l’industrie, pour assurer des normes d’excellence en matière d’environnement et de responsabilité sociale. Tout cela nous aidera à poursuivre notre travail d’implantation d’un système de certification de classe mondiale pour les agrégats à l’échelle de l’ensemble du Canada. »

L’enquête aura lieu au cours des deux prochains mois au Québec. Elle permettra de recueillir les points de vue de nombreux intervenants tels que les municipalités, l’industrie des agrégats, les organisations non gouvernementales (ONG) du secteur de l’environnement, les groupes communautaires et les Premières Nations. Ces intervenants pourront s’exprimer sur les défis actuels et futurs dans le secteur des agrégats et sur la pertinence de l’adoption de normes volontaires pour contribuer à relever ces défis.

Organisme environnemental de premier plan, Équiterre oeuvre depuis 15 ans au Québec sur les questions de développement durable autant auprès des individus, des organisations et des gouvernements. L’organisme possède d’ailleurs une solide expérience en bâtiment durable grâce à l’élaboration du projet de la Maison du développement durable. Par ailleurs, les agrégats sont grandement utilisés dans l’industrie de la construction. Équiterre était donc un partenaire naturel de SERA pour réaliser cette enquête.

« Un organisme de certification externe pourrait donner à l’industrie des agrégats des outils précieux pour répondre de façon concrète à ses préoccupations en matière d’environnement et de responsabilité sociale. C’est dans cette perspective que nous menons cette enquête », a expliqué Sidney Ribaux, cofondateur et coordonnateur général.

Les agrégats sont reconnus comme un matériau essentiel pour répondre à la demande, dans le contexte du renouvèlement des infrastructures au Canada. Dans l’opinion publique, on sent une préoccupation croissante envers les impacts sociaux et environnementaux reliés à cette industrie.

 

L’accessibilité des ressources, combinée à la densification urbaine, engendre des défis importants. Par exemple :

  • Des agrégats (sable, gravier, pierres) à valeur élevée sont souvent situés dans des territoires naturels à grande valeur et déjà fragmentés, comme des boisés, et dans des secteurs à biodiversité importante.
  • Au cours des prochaines décennies, on prévoit que des millions de personnes vont s’installer dans les centres urbains, ce qui accentuera les conflits entre les besoins pour les infrastructures et l’utilisation des terres.

En conséquence, dans plusieurs provinces, les processus de planification et d’approbation dans le secteur des agrégats deviennent de plus en plus longs, coûteux et litigieux. Cela génère des incertitudes pour l’industrie, les collectivités et les autres parties prenantes et, dans bien des cas, tout le monde est perdant.

D’autres organismes de certification, comme le Forest Stewardship Council et le Marine Stewardship Council, ont déjà démontré, au Canada et à l’étranger, qu’ils pouvaient constituer des outils efficaces pour favoriser une meilleure gestion des ressources, répondant davantage aux besoins, aux intérêts et aux aspirations des collectivités locales. La SERA s’inspire de ce mouvement et veut évaluer comment on pourrait appliquer une approche semblable dans le secteur des agrégats au Québec.

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