Des groupes écologistes envoient une lettre à Monsieur Michael Binder, président de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, sur la situation nucléaire au Canada

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Des groupes écologistes du Québec, du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario envoient aujourd'hui une lettre à M. Michael Binder, président de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) à Ottawa, dans laquelle ils expriment leur point de vue et leurs questions et en ce qui concerne la situation de l'énergie nucléaire au Canada.

La situation du nucléaire a été examinée le 3 mai 2012 à Ottawa lors d'une audience publique organisée par la CCSN, au cours de laquelle plusieurs intervenants pronucléaires et antinucléaires (dont Greenpeace), ont exprimé leurs points de vue à un public de plus de 200 personnes. Le but de l'audience d'une journée était de tirer des leçons de la catastrophe nucléaire qui a débuté le 11 Mars 2011 à Fukushima, suite à un très fort tremblement de terre et à un tsunami.

Dans leur lettre, les écologistes soulèvent une question fondamentale: en dépit de la catastrophe de Fukushima est-ce que la communauté nucléaire canadienne est toujours contrainte par un «paradigme de sûreté nucléaire acceptable» datant de l’ère pré-Fukushima?
Un élément de consensus à l'audience du 3 mai à Ottawa, est que l'industrie nucléaire doit désormais se préparer à faire face à une fusion du cœur d’un réacteur nucléaire du type qui a eu lieu dans trois réacteurs à Fukushima. Des accidents nucléaires graves qui avaient été décrits avant Fukushima comme étant «non crédibles» sont maintenant considérés comme possibles au Canada. L'industrie nucléaire doit se préparer à de tels accidents en mettant en place des équipements à l’épreuve des séismes et des mesures appelées «directives de gestion des accidents graves'', sous l'acronyme SAMG (severe accident management guidelines»). Cela fait partie de la réponse canadienne à Fukushima, qui est destinée à rassurer le public canadien.

Sur la base de documents du gouvernement fédéral au cours de la période 1994-2012, les écologistes montrent que la probabilité qu’un réacteur nucléaire CANDU subisse une fusion du cœur genre-Fukushima sur 30 ans est approximativement égale à la probabilité d'obtenir trois six sur un seul lancer de trois dés, ce qui est une chance sur 216. Lorsque les risques sismiques sont pris en compte avec prudence, la probabilité d'endommagement du cœur nucléaire à Point Lepreau et à Gentilly-2, est approximativement celle d'obtenir deux six sur un seul lancer de deux dés, ce qui est une chance sur 36. La même chose s'applique aux réacteurs nucléaires dans la région de Toronto: même si l'on devait exclure tout tremblement de terre significatif, le fait que 10 réacteurs nucléaires sont à proximité de Toronto met la région dans la gamme de la probabilité de deux dés d'un accident nucléaire grave.

Les écologistes montrent que ce niveau de probabilité d’un accident nucléaire grave est environ 100 fois plus élevée que la probabilité de mourir dans un accident d'avion pour un voyageur fréquent en avion. Les écologistes font donc valoir que la situation actuelle nucléaire ne répond pas aux exigences de la Loi sur la sûreté et la réglementation nucléaires de 1997, laquelle stipule clairement que le risque nucléaire doit être «acceptable».

En outre, les écologistes soulignent que les porte-parole anti-nucléaires et un pronucléaire le 3 mai à Ottawa ont déclaré que la structure nucléaire canadienne organisationnelle doit être corrigée de façon à s'éloigner des conditions qui étaient à l'origine de la catastrophe de Fukushima. Ce point important a été fait très clairement par Greenpeace représenté par Shawn-Patrick Stensil. Représentant le «New-Brunswick Conservation Council», l'écologiste Sharon Murphy, a exhorté la CCSN à être plus rigoureuse dans ses rapports avec les entrepreneurs nucléaires, tels que SNC-Lavalin, et a évoqué le risque associé à l'exploitation d'un réacteur nucléaire, comme étant du «gambling» avec la vie des gens.

 

Source: Mouvement Sortons le Québec du Nucléaire

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