Faciliter l’échantillonnage des cours d’eau grâce à un indice québécois

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Par Eugénie Emond


Mots clefs : IDEC, Diatomées, Ville de Lévis 

 

Photo de Wikipedia commons

Évaluer la qualité d’un cours d’eau pourra dorénavant se faire de manière plus efficace et moins coûteuse grâce à l’Indice Diatomées de l’Est du Canada (IDEC), un outil développé à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), et inspiré d’un instrument européen.

Martine Grenier, l’une des trois chercheurs de l’UQTR qui a participé à l’élaboration du bio-indicateur était présente lors du Rendez-vous international sur la gestion intégrée de l’eau qui se déroulait à l’Université Laval du 7 au 9 mai.

 

Prélever des algues microscopiques

«Pour l’échantillonnage, on a besoin d’un petit pot et d’une brosse à dents», résume Martine Grenier. Une cueillette de données qui consiste à prélever des diatomées, des algues microscopiques présentes dans tous les cours d’eau. «C’est la base du réseau de la chaîne alimentaire», souligne-t-elle. Le type de diatomée indiquera la présence ou non de nutriments qui peuvent être dommageables pour le plan d’eau. «Certaines espèces ne toléreront pas les milieux enrichis en azote et phosphore comme les milieux urbain ou agricoles», explique la spécialiste. L’abondance relative des variétés donnera ainsi un portrait intégré de la qualité de l’eau de la rivière à laquelle on attribuera une cote.

 

Diatomées versus cyanobactéries

«Des nutriments ce n’est pas toxique quand on les boit, mais ça donne le potentiel d’eutrophisation de ton cours d’eau», affirme-t-elle. Une mauvaise note établie par l’IDEC augmentera ainsi les chances de développer des symptômes de dégradation du système aquatique qui peuvent conduire au développement des cyanobactéries, souvent toxiques.

 

Sauver des coûts

«Le gros avantage est de sauver des coûts», estime Grenier. Comme ces algues ont une durée de vie de 4 à  5 semaines, nul besoin de retourner plusieurs fois pour échantillonner le cours d’eau comme c’est le cas présentement. «C'est un bio-indicateur qui peut être utilisé partout dans le monde» ajoute-t-elle. La troisième version de l’IDEC développé au Québec et adapté à nos espèces s’applique désormais à l’Ontario.

 

Un instrument appelé à gagner du terrain

Si l’indice est actuellement reconnu par le Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), il n’est pas encore largement utilisé à travers la province. «Pour l’instant, c’est encore considéré comme une bibitte universitaire», reconnait la conférencière. Les spécialistes en diatomées se font rares contrairement à l’Europe où l’indice est utilisé depuis un demi-siècle. «Ça fait longtemps!», s’exclame la scientifique qui tempère : «C’est le processus classique, ça prend du temps avant que ça sorte».

 

L’exemple de Lévis

Maintenant employée par l’entreprise Cima + spécialisée notamment en environnement, Martine Grenier a pu tester son outil avec la Ville de Lévis où il appert que la majorité des plans d’eau sont en piètre état. La présence de milieux agricoles en amont des rivières ajoute son lot de phosphore et d’azote. «Les cours d’eau sont déjà dégradés avant d’arriver en périmètre urbain», soulève Grenier. Différentes actions prises récemment font toutefois espérer une embellie. «Améliorer d’une classe d’indice au bout dix ans ce serait un objectif qui est raisonnable», souligne-t-elle.

 

Source: GaïaPresse


 

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