Les travailleurs québécois sont-ils prêts pour une économie verte ?

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À quelques jours du Rendez-vous national sur la main d’œuvre, des représentants syndicaux et du milieu des affaires s’inquiètent du manque d’efforts déployés par Québec pour préparer la transition énergétique. Constat d’une rencontre organisée cette semaine par la Maison du développement durable.

Une transformation inévitable

Selon Ressources naturelles Canada, environ 19 % de l’énergie produite au pays provient de sources renouvelables. Au Québec, la proportion est plutôt de 47 %, notamment en raison du potentiel hydroélectrique.

L’importance de l’énergie verte devrait toutefois bondir dans les prochaines années, estime le directeur général du Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ), Philippe Bourke, pour éventuellement dépasser toutes les autres formes d’énergies.

Le Québec agit déjà en ce sens : la province souhaite augmenter de 25 % sa production d’énergie renouvelable d’ici 2030, comme indiqué dans sa Politique énergétique 2030, dévoilée en avril dernier.

En ce qui concerne de l’impact d’un tel changement sur le marché du travail, les experts hésitent encore à se prononcer. La majorité s’entend toutefois pour dire que les transformations risquent d’être profondes. Des milliers d’emplois, particulièrement dans le secteur pétrochimique, seraient vulnérables.

« Transition juste »

La question d’une « transition juste » est donc primordiale, insiste le trésorier de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Pierre Patry. « Les travailleurs ne doivent pas être les victimes d’une transition énergétique. Ceux qui perdent leur emploi doivent être en mesure de recevoir une nouvelle formation pour rejoindre le marché du travail. »

L’intervention de l’état sera toutefois nécessaire, indique-t-il, puisque le gouvernement est le seul avec les moyens d’entreprendre une telle restructuration de l’économie.

Mais jusqu’à présent, Québec ne prend pas cette direction, déplore le syndicaliste. « Il n’y a strictement rien pour aider les travailleurs dans la Politique énergétique 2030. »

« Nous, on considère que les travailleurs sont au premier chef des acteurs dans le monde du travail. Si on veut transformer le milieu de l’énergie au Québec, il faut tenir compte d’eux », insiste Pierre Patry.

Manque de travailleurs spécialisés

Pour l’entrepreneure Nathalie Tremblay, les entreprises subiront aussi les contrecoups d’une transition énergétique mal gérée.

« Si les travailleurs n’ont pas le soutien nécessaire pour réintégrer le marché du travail, les entreprises, et particulièrement les PME, feront face à un sérieux manque de main-d’œuvre spécialisée », insiste la présidente et fondatrice de Marmott Énergies, une entreprise qui se spécialise dans l’installation de systèmes de chauffage géothermique.

Elle affirme déjà avoir de la difficulté à remplir les postes au sein de sa propre entreprise, faute de trouver des candidats qualifiés. Pourtant, les travailleurs ont souvent beaucoup d’expérience. « Il ne leur manque qu’une mise à jour. Mais pour ça, il faut le soutien de l’employeur et du gouvernement. »

Source : Politique énergétique 2030, http://politiqueenergetique.gouv.qc.ca/

Isaac Gauthier pour GaïaPresse

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