Saint-Bruno-de-Montarville – Le projet de développement de La Futaie sème la grogne chez les citoyens

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Par Marie-Eve Cloutier


Mots-clés : Saint-Bruno-de-Montarville, Boisé des Hirondelles, projet de développement domiciliaire
 

Le promoteur du projet de La Futaie, le sénateur Paul J. Massicotte, était présent le 29 août au Centre culturel Marcel-Dulude de St-Bruno afin de présenter son plan de développement domiciliaire. Plusieurs citoyens se sont encore une fois massés afin de protester contre ce projet qui détruirait le Boisé des Hirondelles, une forêt mature de six hectares adjacente au parc national du Mont-St-Bruno.

Ce plan de développement domiciliaire est présenté comme un « projet d’avant-garde sur le plan environnemental, urbanistique et architectural dont tous seront très fiers » à en croire le dépliant promotionnel. Ce document cite un biologiste de SNC-Lavalin, engagé par le promoteur, affirmant que « le site n’abrite aucune plante désignée menacée ».

« C’est absolument faux », atteste Caroline Rodrigue, présidente de l’Action pour l'environnement de Saint-Basile-le-Grand/Saint-Bruno-de-Montarville (APES). « Des espèces menacées ont été répertoriées sur le site et cet habitat joue le rôle important de zone tampon pour le parc national du Mont-Saint-Bruno. »

Tanya Handa, professeure adjointe en science de la biodiversité et écologie forestière à l’UQAM, rappelle qu’il existe des lois provinciales qui « sont censées protéger notre patrimoine écologique ». « Nous avons l’obligation de faire des études avant d’entreprendre des projets de développement. Les études citées par le promoteur ne mentionnent aucune méthodologie sérieuse pour faire l’inventaire des espèces menacées. Nous avons besoin d’une étude indépendante et rigoureuse », déclare-t-elle.  

Photos : Marie-Eve Cloutier . Tous droits réservés

Catherine Mondor, porte-parole du Regroupement de citoyens pour la
sauvegarde de la forêt des Hirondelles, devant le regroupement de citoyens venu manifester leur mécontentement envers le projet de développement de La Futaie.

Le promoteur défend son projet

Pour sa part, le sénateur Paul J. Massicotte est convaincu que le projet proposé est « très respectueux de l’environnement ». Selon lui, le sort réservé au Boisé des Hirondelles a été l’objet de beaucoup de spéculations. « Les gens voyaient un projet où il y aurait des coupes à blanc alors que ce n’est pas le cas. » 


 

Photos : Marie-Eve Cloutier . Tous droits réservés

Le sénateur Paul J. Massicotte, promoteur du projet de développement de La Futaie,
devant Catherine Mondor, porte-parole du Regroupement
de citoyens pour la sauvegarde de la forêt des Hirondelles

 

 

 

 

 

 

Quelques citoyens ont fait remarquer qu’il pouvait y avoir apparence de conflit d’intérêts alors que la firme retenue par le promoteur, Dimension Environnement ltée, a été la même embauchée par la Ville de Saint-Bruno lors de la caractérisation du milieu naturel de la forêt. Le promoteur a donc sélectionné une deuxième firme. « SNC-Lavalin est elle aussi arrivée à la conclusion qu’il n’y a pas d’espèces menacées sur le site et que le développement domiciliaire ne poserait aucun préjudice à la nature du parc du Mont-St-Bruno », explique le sénateur Massicotte.

Une bataille régionale

Catherine Mondor, porte-parole du Regroupement de citoyens pour la sauvegarde de la forêt des Hirondelles, « croit que la présentation [de lundi soir]est une excellente propagande avec beaucoup de belles images ». « C’est un plan de lotissement à la saveur des années 70 qui est en contradiction avec le plan d’aménagement du territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal », ajoute-t-elle.    

Selon Mme Mondor, des études ont démontré que d’ici 24 ans, si l’on ne fait rien dans la grande région métropolitaine, nous allons perdre toutes les forêts privées. « Cette bataille n’est pas juste une bataille de Saint-Bruno, mais une bataille régionale. Nous allons tout faire pour préserver le maximum d’arbres de cette forêt. Si nous ne sommes pas capables de convaincre ni le promoteur, ni la ville, nous allons tenter de convaincre le gouvernement d’agir. »

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