Deux Canadiens formellement accusés de piraterie en Russie

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Photo de Andreas Tille – Wikipedia commons

Le procureur de l'Etat russe a fini de présenter aujourd'hui les accusations de piraterie contre les militants de Greenpeace et les membres de l’équipage de l’'Arctic Sunrise qui protestaient contre les forages pétroliers en Arctique. Un vidéaste et un photographe indépendants ont également été accusés de piraterie, un crime passible d'une peine maximale d'emprisonnement de 15 ans.

Ces accusations sont extrêmes et disproportionnées. Les deux Canadiens formellement accusés aujourd’'hui sont Paul Ruzicky de Port Colborne (ON) et Alexandre Paul de Montréal.

« Le crime commis par ces femmes et ces hommes inculpés de piraterie, c’est celui d’'avoir une conscience. Ces accusations scandaleuses sont une attaque au droit de manifester pacifiquement. Prétendre que ces militants sont des pirates est aussi absurde qu’'abominable. Ces accusations totalement irrationnelles visent à nous intimider et à nous réduire au silence. Nous ne nous laisserons pas faire », a déclaré Kumi Naidoo, directeur général de Greenpeace International.

Le 18 septembre, les 28 militants, un photographe indépendant et un vidéaste indépendant ont participé à une manifestation pacifique contre les forages dans l'Arctique, près de la plateforme Prirazlomnaïa du géant pétrolier russe Gazprom. Deux militants ont tenté d'escalader le côté de la plate-forme et d’'y accrocher une banderole. Hier, Greenpeace a publié des photographies des services de sécurité russes abordant le pont du navire Arctic Sunrise en rappel, depuis un hélicoptère. Les photographies montrent clairement les militants pacifiques ne menaçant aucunement les autorités russes.

« Les actions non violentes des nos activistes et membres de l’'équipage ne ressemblent en rien à des actes de piraterie. Ces accusations sont délibérément disproportionnées et vont à l’'encontre des lois internationales et même des lois russes. Des images captées à bord de l’'Arctic Sunrise pendant l’'abordage illégal mené par les forces russes montrent des hommes masqués braquant leurs armes sur des gens inoffensifs. Dans ce cas, qui représente la vraie menace ? » se demande Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie et Arctique de Greenpeace Canada.

La semaine dernière, le président Poutine lui-même s'est montré étonné à l'idée que les militants de Greenpeace soient traités comme des pirates. Il a déclaré : « Il est absolument évident qu’ils ne sont pas des pirates ». Selon l’'article 227 du Code criminel russe, la piraterie se définie comme « une attaque sur un navire qui se trouve en mer ou sur un fleuve,  dans le but de s’'approprier des biens d’'autrui, perpétré avec violence ou se servant d'’une menace  d'’avoir recours à la violence. »

« Ces braves gens se sont mis debout pour empêcher la destruction certaine de l’'Arctique que signifient les forages pétroliers. Ils ont risqué leurs vies pour protéger toute la planète –incluant les communautés qui habitent dans l’'Arctique, la faune et la flore et les générations futures– des conséquences dévastatrices des changements climatiques et des déversements de pétrole », a ajouté Patrick Bonin.

Le nombre de personnes dans le monde ayant écrit aux ambassades russes pour demander la libération des militants et des journalistes indépendants a aujourd’hui dépassé 900 000. D'autres personnes ont appelé à la libération des 30 détenus dont le prix Nobel de la Paix Adolfo Pérez Esquivel , les ONGs Amnistie Internationale, Human Rights Watch et l'acteur Ewan McGregor.

Greenpeace organise ce samedi 5 octobre des vigiles et des activités publiques en solidarité avec les 30 détenus en Russie, et cela partout à travers le monde.

Au Canada, il y aura des vigiles à Toronto (détails ici) et à Montréal (détails ici)

 

Source: Greenpeace Canada

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